LE RAID PEKIN-PARIS

DE 1907

 

 

 

Essayons de présenter ce Pékin-Paris de 1907.

Ce fut non pas une course, mais un raid qui marqua alors mondialement les imaginations comme 4 années plus tôt Paris-Madrid, malheureusement arrêté à Bordeaux et qui signifia l'arrêt des courses de capitale à capitale (partant toutes de Paris, sur initiatives de l'ACF).

On avait pris la mesure du moyen de promotion énorme que cela constituait pour l'automobile française et comme les compétitions sur route étaient maintenant interdites, on avait songé à d'autres formules susceptibles d'intéresser les médias de l'époque ( journaux et périodiques ). Ce fut des "exploits", solitaires comme le périple de Georges Cormier sur 7.000 km en Afrique du Nord en 1903, ou collectifs avec le "Circuit Européen" de 1906.

Et en un jour maussade du début de l'année 1907, le quotidien Le Matin lança un défi pour aller de Paris à Pékin. Comme le marquis de Dion fit porter

une réponse positive dans la journée, on chuchota rapidement qu'il ne devait pas être étranger à l'idée, lui qui avait été à l'origine de tous les autres projets. Sa fabrique proposait d'engager plusieurs véhicules (il fut question de trois)

Finalement il fut décidé d'inverser le sens de l'épreuve (avec une arrivée à Paris pour un meilleur retentissement) et de retenir l'engagement de 6 ou 7 équipages parmi les plus sérieux.

Au mois de juin ils se présentèrent 5 au départ de Pékin ainsi constitués :

- d'Auguste PONS sur "mototri" CONTAL, petit poucet, père de la future chanteuse Lilly Pons et qui devait rapidement abandonner.

- du Prince italien Scipione BORGHESE ayant affrété une voiture ITALA équipée de pneus Pirelli. Il bénéficiait d'une grosse fortune (on raconte que l'aventure lui aurait coûté 250.000 francs, l'équivalent de 5 millions récents ou 750.000 Euros), mais il avait su avant le départ commercialiser son récit auprès du journal italien Corriere della Sera relayé par le Daily Telegraph et accepter sur son véhicule un correspondant de ces journaux. C'était par ailleurs une façon de rendre visite à son frère, responsable d'une légation commerciale à Pékin et qui devait préparer tous ses points de ravitaillement en Asie.

- de Georges CORMIER et Victor COLLIGNON, pilotes officiels de la marque De DION-BOUTON qui sponsorisait généreusement. Ils n'avaient pas de journaliste embarqué, mais ils restaient au contact télégraphe avec le quai National, le constructeur de Puteaux (appuyé par l'ACF) qui connaissait la bonne exploitation publicitaire.

- de Charles GODARD, un français gouailleur et saltimbanque (il se produisait dans les foires pour effectuer le "tonneau de la mort"), sans aucun moyen financier et qui, lui, avait su proposer la place du coéquipier au représentant de l'organisateur, le quotidien français Le Matin. Comme des liens devaient inévitablement se créer au cours du périple entre les deux hommes et que par ailleurs le pilote avait laissé de nombreuses "ardoises" à la charge du constructeur hollandais SPYKER, on devait relativiser pour ne pas "décevoir"...

Pour illustrer cette épopée, plutôt que de vouloir réécrire l'Histoire (au risque de paraître trop partisan) nous avons recherché des écrits d'époque pour les réunir en une plaquette de 48 pages.

 

 

René VILLE             

Amicale de Dion-Bouton    

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