NEW YORK-PARIS

DE 1908

 

la course qui se voulait un

tour du monde

 

 

 

De New York à Paris en automobile, que ce soit sous forme de raid ou de course, cela parait inimaginable : il n'y a pas de route et surtout de grandes étendues océaniques.

Cette singularité n'avait pas échappé à ce qu'on devrait, a priori, qualifier de sérieux organisateurs, mais à qui - à la réflexion – nous pourrions reprocher leur trop grande quête du sensationnel.

Puisqu'en 1907, quatre équipages avaient réussi le pari un peu fou d'aller de Pékin à Paris, pourquoi en 1908 ne pas doubler la mise, dans la mesure où les voitures devenaient plus fiables et plus puissantes, tant le progrès allait vite. On aurait pu songer à un Le Cap-Paris, mais pour mieux convertir les encore hésitants à l'idée de cette automobile naissante, la traversée d'un continent plus civilisé aiderait à mieux convaincre. Le continent nord américain, avec son énorme potentiel, s'imposa rapidement. La recherche de l'extraordinaire ronflant voulait qu'on associe le nom de New York à celui de Paris, comme un symbole. Mais pour éviter le bateau, on passerait par le détroit de Behring, avant de refaire la traversée de l'Asie. Il aurait ainsi 3 continents.

Ce New York-Paris - que d'aucuns qualifient de "tour du monde" (les romans de Jules Verne sont dans tous les esprits) – s'inscrit comme la logique continuité du Pékin-Paris de 1907.

L'organisateur était encore et toujours le quotidien français Le Matin mais qui – soit par souci d'un associé local ou "obligation" comme les américains nous le montrent en permanence – partagea ses responsabilités avec un média US, le New York Herald Tribune.

Les engagements continuaient à être internationaux avec pareillement trois équipages français et un italien, mais cette fois-ci avec un allemand et... trois nord américains, dont seulement un seul se présentera au départ, ce qui ne manquera pas d'avoir des incidences sur l'épreuve.

Pékin-Paris n’ayant pas été le "raid" initialement prévu, on annonça pudiquement ici un "tour du monde en automobile" ou une "coupe du monde", pour bientôt ne plus parler que de course.

Un problème se posa immédiatement avec des conditions météorologiques exceptionnellement défavorables : au sortir de New York l'hiver était devenu sibérien et les premiers kilomètres réputés les plus faciles devinrent un calvaire de congères et de glaces.

Comme les aides, quand elles s'organisaient, ne semblaient être apportées qu'à la voiture américaine, on évoqua rapidement des "pressions" exercées, soit à la suite d'un nationalisme excessif, soit de la part d'une "maffia" s'attachant à la préservation d'intérêts économiques pouvant se révéler importants. Les décisions qui furent prises au cours de la traversée américaine, avec l'octroi de pénalités à certains concurrents, ne peuvent que corroborer cette thèse.

On expliquerait de ce fait certaines improvisations quant aux modifications apportées au parcours initial lorsque l'on prit conscience que le passage par le détroit de Behring relevait de l'utopie et la latitude laissée à chacun de se rendre ou non au Japon pour attendre le retour de la Thomas US déjà en Alaska. Il en fut de même pour la décision du directeur de course sur de Dion-Bouton de rentrer précipitamment à Paris par bateau depuis Vladivostok estimant diplomatiquement « n'avoir plus rien à prouver ».

 

Nous avons compulsé de nombreux documents (d'époque ou plus modernes) pour rassembler

 le plus d'informations possible. Nous les avons ainsi reproduites en 36 pages.

 

René VILLE             

Amicale de Dion-Bouton    

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