PARIS-MADRID

la course inachevée de 1903

Leblon quittant le pesage des Tuileries sur voiture à vapeur Gardner-Serpollet

 

Le départ de la course Paris-Madrid fut donné le 24 mai 1903 à partir de 3 h 30 du matin devant le château de Versailles.

On devait gagner l'Espagne en 3 étapes et 315 concurrents s'étaient inscrits.

La course s'interrompait le soir même à Bordeaux, à la suite de nombreux accidents, dont ceux de Marcel Renault et Lorraine-Barrow...

114 arrivants sur 224 partants.

Cette épreuve marquera fortement les esprits de l'époque, dans la mesure où les journaux exploitèrent avec beaucoup d'excès les incidences malheureuses, allant même jusqu'à mettre en péril le gouvernement, celui du "petit père Combes".

On avait pourtant bien pris conscience de l'évolution rapide de la vitesse et avec raison : entre Paris et Vienne, en 1902, la vitesse moyenne fut de 65 km/h, entre Versailles et Bordeaux on dépassera les 105 !  

On connaissait par ailleurs en France une grande vague d'autophobie : certains maires interdisaient la circulation automobile sur leurs communes et des cultivateurs n'hésitaient pas à prendre le fusil pour tirer sur les écraseurs de volailles.

Le chef du gouvernement ne voulait pas autoriser la course mais le Marquis de Dion monta à la tribune de l'Assemblée Nationale - car il était aussi député - pour justifier de son intérêt en faveur de l'industrie française : sans cette épreuve on aurait à envisager des licenciements. Le chantage à l'emploi réussit et la course prit le départ de Versailles à l'aube du 24 mai dans un engouement populaire extraordinaire.

Le temps était beau et sec. La poussière qui s'ensuivit provoqua - mais surtout du fait de l'indiscipline des foules spectatrices - une dizaine d'accidents dont certains mortels, comme celui de Marcel l'un des frères Renault.

Les journaux tirèrent des manchettes effroyables, l'opinion s'en émut et le Ministre de l'Intérieur rapporta immédiatement l'autorisation de course. L'épreuve s'arrêta ainsi à Bordeaux et le gouvernement faillit tomber.

Ironie de l'Histoire - ou juste retour moral des choses -, ce fut le député de droite Albert de Dion qui sauvera cette mandature de gauche en remontant à la tribune de l'Assemblée Nationale pour accepter d'en partager les responsabilités.

Nous avons la chance d'avoir retrouvé une voiture légère correspondant à cette épreuve et en parallèle l’Amicale a édité une plaquette d’une cinquantaine de pages sur des souvenirs de cette course tragique.

 

 

  Marcel Renault accidenté

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